{"id":1321,"date":"2023-06-12T12:14:32","date_gmt":"2023-06-12T10:14:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.que-dire.com\/?p=1321"},"modified":"2023-09-08T09:34:22","modified_gmt":"2023-09-08T07:34:22","slug":"soulevements-au-maroc-et-engagement-des-marocains-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/2023\/06\/12\/soulevements-au-maroc-et-engagement-des-marocains-en-france\/","title":{"rendered":"Soul\u00e8vements au Maroc et engagement des marocains en France &#8211; 2012"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"framed\">Suite aux diff\u00e9rents soul\u00e8vements dans le Monde arabe et M\u00e9diterran\u00e9en, la revue Migrations soci\u00e9t\u00e9 avait publi\u00e9 dans son num\u00e9ro 143- Septembre-Octobre 2012, un dossier sous le titre \u00ab\u00a0<strong>Du Maroc \u00e0 Bahre\u00efn, des migrations en zones de turbulences<\/strong>\u00ab\u00a0. Ce dossier avait \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9 par Fran\u00e7ois Brun et Marguerite Rollinde qui \u00e9crivaient en introduction: \u00a0\u00bb <em>en faisant sauter le mur de la peur, en d\u00e9cidant de prendre en main leur destin\u00e9e dans leur propre pays,les jeunes Tunisiens, Egyptiens, Marocains et autres porteurs de ces \u00ab\u00a0printemps arabes\u00a0\u00bb semblent vouloir trouver chez eux la r\u00e9ponse \u00e0 leur demande de \u00ab\u00a0dignit\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0justice sociale<\/em>\u00a0\u00bb .  <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-migrations-societe-2012-5-page-139.htm\" target=\"_blank\">Cet article<\/a> sur les soul\u00e8vements au Maroc en fait partie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les diff\u00e9rents combats que le peuple marocain a men\u00e9s pour l&rsquo;am\u00e9lioration de ses conditions de vie ne se sont pas confin\u00e9s au Maroc. Des marocains en France y ont jou\u00e9 un r\u00f4le non n\u00e9gligeable. L&rsquo;\u00e9volution de cette implication&nbsp; est souvent en lien avec leurs engagements ant\u00e9rieurs dans diff\u00e9rentes structures politiques et\/ou associatives et avec l&rsquo;impact de ces conditions de vie sur leurs familles rest\u00e9es au pays. Progressivement, ces prises de conscience les mobilisent aux conditions de leur vie en France et aux questions de reconnaissance de leur citoyennet\u00e9 ici et l\u00e0 bas, souvent encourag\u00e9s par les organisations syndicales fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l&rsquo;\u00e9clatement des soul\u00e8vements dans le monde arabe, cette mobilisation &nbsp;s\u2019intensifie autour du Mouvement du 20 f\u00e9vrier. Mais sous quelles formes&nbsp;? Quelles sont les cat\u00e9gories sociales qui s&rsquo;y impliquent&nbsp;? Quel est l&rsquo;impact de cette mobilisation au Maroc&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cet engagement des marocains de l\u2019\u00e9tranger \u00e0 la situation de leur pays ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui.&nbsp; La capitalisation de ces exp\u00e9riences est&nbsp; indispensable pour \u00e9valuer les \u00e9volutions des pratiques militantes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et particuli\u00e8rement en France o\u00f9 la s\u00e9dentarisation des immigr\u00e9s marocains est importante et nous interpelle sur leurs regards face \u00e0 ces manifestations de col\u00e8re et sur le lien qui existe&nbsp; entre ces engagements et leur positionnement en France.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>UN ENGAGEMENT DE LONGUE DATE.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est essentiellement au d\u00e9but des ann\u00e9es 50 que l\u2019immigration marocaine sera de plus en plus importante. Cette p\u00e9riode co\u00efncide avec le d\u00e9veloppement de la r\u00e9sistance au Maroc en raison de diff\u00e9rents \u00e9v\u00e8nements&nbsp;: l\u2019assassinat du syndicaliste tunisien Farhat Hachad<strong>[1]<\/strong>,&nbsp; l\u2019exil du roi Mohamed V<strong>[2]<\/strong>&nbsp; et particuli\u00e8rement la r\u00e9pression&nbsp; violente coloniale durant le massacre des carri\u00e8res centrales<strong>[3]<\/strong> de Casablanca. La recrudescence de la r\u00e9sistance&nbsp; am\u00e8ne des marocains en France&nbsp; au syndicalisme (en particulier \u00e0 la CGT)&nbsp; et intensifie&nbsp; leur volont\u00e9 au combat.<\/p>\n\n\n\n<p>Des cellules de la R\u00e9sistance qui ont un r\u00f4le important sont&nbsp; organis\u00e9es dans plusieurs villes de France&nbsp;: Gennevilliers, Bondy,&nbsp; Clichy&nbsp; et Saint Etienne avec Moulay Abdeslem Jebli<strong>[4]<\/strong>, un des leaders de la R\u00e9sistance \u00e0 Marrakech qui joue un r\u00f4le important dans la coordination de la r\u00e9sistance au Maroc et pour son unit\u00e9.&nbsp; C\u2019est ainsi que la direction nationale&nbsp; du mouvement de r\u00e9sistance compte des immigr\u00e9s parmi ses membres.&nbsp; Au-del\u00e0 du soutien politique au parti de l&rsquo;Istiqlal<strong>[5]<\/strong>, ils contribuent au financement de la r\u00e9sistance par la collecte de fonds et certains d\u2019entre eux soutiennent d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 50 la lutte arm\u00e9e pour combattre la colonisation. D\u2019autres quittent la France pour s&rsquo;investir dans le combat anticolonial au Maroc&nbsp; et int\u00e9grer la r\u00e9sistance marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019ind\u00e9pendance en mars 1956, certains d\u2019entre eux retournent travailler en France. &nbsp;Sous le r\u00e8gne de Hassan II, dans un contexte politique tr\u00e8s tendu, ils s\u2019impliquent dans le combat contre la monarchie absolue \u00e0 partir de la mise en r\u00e9seau des immigr\u00e9s aux niveaux fran\u00e7ais et international.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><em><strong>UN ENGAGEMENT DANS UN CADRE UNIFORME&nbsp;: L&rsquo;EXEMPLE DE L&rsquo;ASSOCIATION DES MAROCAINS EN FRANCE (AMF)<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;exil d&rsquo;anciens combattants de l&rsquo;Arm\u00e9e de Lib\u00e9ration Nationale et de r\u00e9sistants s&rsquo;accro\u00eet \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 50 et d\u00e9but 60 en raison d\u2019une politique r\u00e9pressive du r\u00e9gime&nbsp; qui s\u2019accentue&nbsp;: d\u00e9tentions arbitraires, massacres, ex\u00e9cutions\u2026Une longue liste de r\u00e9pression qui am\u00e8ne plusieurs anciens r\u00e9sistants et jeunes militants&nbsp; \u00e0 se r\u00e9fugier en Europe (Espagne, France, Hollande, Belgique, etc.) et en Alg\u00e9rie o\u00f9 ils organisent plusieurs actions d\u2019information, de mobilisation de leurs compatriotes et de solidarit\u00e9 internationale et&nbsp; fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est dans ce contexte politique que s\u2019inscrit l\u2019\u00e9volution des pratiques citoyennes des Marocains \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Au contact de syndicats et de milieux politiques de gauche en France, ils se&nbsp; rassemblent \u00e0 partir de 1960 dans une organisation de masse, l\u2019Association des Marocains en France (AMF)<strong>, <\/strong>sous l\u2019impulsion de Mehdi Ben Barka<strong>[6]<\/strong>. Ce cadre de rencontres entre&nbsp; travailleurs, \u00e9tudiants marocains et militants politiques se pr\u00e9occupe en particulier de la situation sociale, politique et \u00e9conomique au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certains militants s&rsquo;y distinguent<strong>,<\/strong> comme Za\u00efd Za\u00efdi, cet ancien r\u00e9sistant qui est contraint de quitter le Maroc et rejoint en 1959 la communaut\u00e9 marocaine immigr\u00e9e. <em>\u00ab Za\u00efd Za\u00efdi est l\u2019un de ces hommes qui ont choisi le chemin du combat pour r\u00e9sister \u00e0 toute forme d\u2019oppression: le colonialisme, le despotisme et la r\u00e9pression au Maroc, les discriminations, les in\u00e9galit\u00e9s et l\u2019exclusion en France<strong>.<\/strong> <\/em>\u00bb<strong>[7]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La rue \u00ab&nbsp;Serpente&nbsp;\u00bb \u00e0 Paris est, alors,&nbsp; l&rsquo;adresse du local de l&rsquo;AMF dont le permanent \u00e9tait Idder Arsala<strong>[8]<\/strong>&nbsp;: c&rsquo;est dans ce lieu que s\u2019organise, alors,&nbsp; la majorit\u00e9 des manifestations contre la r\u00e9pression au Maroc. Les structures de solidarit\u00e9 se d\u00e9veloppent. Les \u00e9changes politiques s\u2019accentuent. Les militants des pays du Maghreb s\u2019y rencontrent.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019enl\u00e8vement en plein centre de Paris le 29 octobre 1965 de Mehdi Ben Barka est incontestablement&nbsp; un moment important dans l&rsquo;action des Marocains en France.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette affaire<strong>,<\/strong> qui a marqu\u00e9 la France du XX\u00e8me si\u00e8cle et conduit le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle \u00e0 rompre les relations de la France avec le Maroc<strong>[9]<\/strong>, a eu pour cons\u00e9quence une mobilisation plus importante des Marocains qui progressivement s\u2019int\u00e9ressent, en particulier en mai 1968 et &nbsp;au contact du d\u00e9veloppement des libert\u00e9s d\u2019expression en France, &nbsp;au sort des immigr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme l&rsquo;a soulign\u00e9 Albano Cordeiro<strong>[10]<\/strong>, \u00ab&nbsp;<em>mai 1968 est aussi pour beaucoup de travailleurs \u00e9trangers un moment de partage et de solidarit\u00e9 avec d\u2019autres travailleurs, fran\u00e7ais et d\u2019autres nationalit\u00e9s, lors des gr\u00e8ves de mai-juin. La participation des ouvriers est forte dans les usines phares des gr\u00e8ves. Rappelons les ouvriers maghr\u00e9bins \u00e0 Billancourt, les Espagnols chez Citro\u00ebn. Cette exp\u00e9rience peut expliquer en partie l\u2019essor que connaissent les luttes de ces travailleurs pour leurs droits, la d\u00e9cennie suivante&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A titre d\u2019exemple<strong>, <\/strong>voici le r\u00f4le que joue l\u2019AMF pendant la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale dans l\u2019usine PENAROYYA<strong>[11<\/strong>] de Lyon en 1972&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s la fermeture de la fonderie de Ouled Elhimar (pr\u00e8s de la ville d\u2019Oujda) qui devait \u00eatre reconstruite,&nbsp; les ouvriers marocains, alors contrema\u00eetres, seront recrut\u00e9s dans les fonderies en France&nbsp;: Lyon, St Denis,&nbsp; en tant qu\u2019Ouvriers Sp\u00e9cialis\u00e9s (OS). L\u2019AMF entretient alors des liens avec eux pour un cahier de revendications pr\u00e9cis apr\u00e8s la mort d\u2019un ouvrier marocain suite \u00e0 un accident de travail que la direction voulait taire. Plus d\u2019une centaine d\u2019ouvriers marocains se syndiqueront&nbsp; et entameront \u00e0 Lyon, une gr\u00e8ve de 32 jours \u00bb<\/em><strong>[12].<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cet engagement dans les luttes ouvri\u00e8res en France les conduit progressivement \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la situation politique de leur pays qui les conduit \u00e0 \u00e9migrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, pour le r\u00e9gime marocain, la citoyennet\u00e9 de \u00ab ses sujets \u00bb en dehors du territoire national est un probl\u00e8me \u00e0 g\u00e9rer. Il lui faut limiter voire contrecarrer les \u00abeffets subversifs\u00bb d\u2019une citoyennet\u00e9 qui \u00e9chappe \u00e0 son autorit\u00e9. Ceci, d\u2019autant que les r\u00e9fugi\u00e9s politiques, de plus en plus nombreux, \u00e9taient \u00e0 la t\u00eate du militantisme dans l\u2019immigration et mobilisaient des Marocains non seulement autour des questions relatives \u00e0 leur r\u00e9sidence en France (revendications de leurs droits, organisation de stages de formation et d&rsquo;alphab\u00e9tisation, etc.) mais aussi autour des situations que traversent leur pays.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le r\u00e9gime marocain tente alors de g\u00e9rer cette situation qui lui \u00e9chappe en cr\u00e9ant&nbsp; en 1973, dans un climat de r\u00e9pression g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e au Maroc<strong>[13]<\/strong>,&nbsp; \u00ab&nbsp;l\u2019Amicale des Ouvriers et des Commer\u00e7ants Marocains en Europe&nbsp;\u00bb en vue de marginaliser l\u2019AMF et les associations marocaines \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour un grand nombre de Marocains<strong>,<\/strong> cette officine apparut comme un instrument d\u2019intimidation dont l\u2019objectif \u00e9tait de&nbsp; paralyser et briser leurs activit\u00e9s syndicales et qui,&nbsp; gr\u00e2ce aux moyens mis \u00e0 sa disposition, voulait mettre au pas l\u2019immigration marocaine de plus en plus combative. Des militants syndicalistes sont menac\u00e9s. Pendant&nbsp; l\u2019\u00e9t\u00e9 1976, des dizaines d\u2019entre eux sont arr\u00eat\u00e9s \u00e0 leur retour au Maroc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>L\u2019ENGAGEMENT DANS LA PLURALITE<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019AMF fut la premi\u00e8re association des Marocains, l\u2019engagement des Marocains en France \u00e9volue ensuite dans la pluralit\u00e9 \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 70 quand s&rsquo;expriment des contestations au sein de l\u2019UNFP&nbsp; avec la cr\u00e9ation du mouvement du23 mars<strong>[14]<\/strong> et avec la cr\u00e9ation<strong>,<\/strong> au sein du Parti Communiste Marocain<strong>[15]<\/strong> (PCM), d\u2019Ilal Amam<strong>[16]<\/strong>. Au Maroc, plusieurs de leurs militants sont emprisonn\u00e9s ou exil\u00e9s.&nbsp; Les divergences entre ces diff\u00e9rents partis s\u2019approfondissent&nbsp; en particulier autour de la question du Sahara occidental en 1975&nbsp; et ont des r\u00e9percussions sur les relations entre les marocains en France, engag\u00e9s dans leurs partis respectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019AMF conna\u00eet la m\u00eame situation et se scinde en deux&nbsp;groupes en 1975 : l\u2019AMF-bureau national et l\u2019AMF coordination des sections qui devient l\u2019Association des travailleurs Maghr\u00e9bins&nbsp; de France (ATMF) en janvier 1982 apr\u00e8s que soit abrog\u00e9 en octobre 1981 le d\u00e9cret p\u00e9tainiste qui interdisait aux immigr\u00e9s de constituer des associations.&nbsp; Celle-ci inscrit son combat dans le soutien aux mouvements de lib\u00e9ration des pays du Maghreb, aux luttes syndicales pour la dignit\u00e9 des travailleurs immigr\u00e9s (logement d\u00e9cent en particulier). Avec l\u2019AMF et&nbsp; diff\u00e9rentes associations elle participe&nbsp; en 1983&nbsp; \u00e0&nbsp; la&nbsp; Marche pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits et contre le racisme, surnomm\u00e9e par les m\u00e9dias \u00ab&nbsp; Marche des Beurs&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces diff\u00e9rentes activit\u00e9s liant la situation des Marocains en France \u00e0 la situation de leur pays&nbsp; ont permis aussi de d\u00e9velopper la solidarit\u00e9 aupr\u00e8s d&rsquo;organisations fran\u00e7aises&nbsp;: organisation des comit\u00e9s pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la disparition et l&rsquo;assassinat de Ben Barka, activit\u00e9s des&nbsp; comit\u00e9s de lutte contre la r\u00e9pression au Maroc,&nbsp; manifestations contre la r\u00e9pression<strong>.<\/strong>&nbsp; <em>\u00ab&nbsp;En 1981, suite \u00e0 la r\u00e9pression des \u00e9v\u00e8nements de juin 1981 au Maroc<strong>,<\/strong> a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 Paris un d\u00e9fil\u00e9 de 15 000 personnes relay\u00e9 par la presse.&nbsp;<\/em>\u00bb<strong>[17]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces actions jouent un r\u00f4le important dans la mobilisation et les informations de situations critiques pendant les ann\u00e9es de plomb: Tazmamart, proc\u00e8s iniques, tortures, ex\u00e9cutions&#8230;que Gilles Perrault retrace dans son livre \u00ab&nbsp;Notre ami le roi&nbsp;\u00bb<strong>[18]<\/strong>. Toutes ces implications en relation avec les combats men\u00e9s au Maroc acc\u00e9l\u00e8rent la d\u00e9nonciation des pratiques r\u00e9pressives du r\u00e9gime marocain. Elles sont \u00e0 l\u2019origine de&nbsp; la lib\u00e9ration des d\u00e9tenus de Tazmamart, de dizaines de d\u00e9tenus politiques dont Abraham Serfaty<strong>[19]<\/strong>et, suite au discours d\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale&nbsp; prononc\u00e9 par Hassan II en ao\u00fbt 1994, duretour des exil\u00e9s politiques alors rassembl\u00e9s dans une structure&nbsp;: le Rassemblement des Exil\u00e9s Politiques Marocains (REPOM).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les diff\u00e9rentes actions men\u00e9es par les d\u00e9mocrates marocains en France comme dans plusieurs autres pays (Espagne, Belgique, Hollande, Allemagne, Alg\u00e9rie, etc.), quelles que soient les structures auxquelles ils adh\u00e9rent, leur combat pour l\u2019am\u00e9lioration de la situation au Maroc a largement contribu\u00e9 aux \u00ab&nbsp;acquis&nbsp;\u00bb per\u00e7us depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 90 gr\u00e2ce au travail d\u2019information, de sensibilisation de l\u2019opinion fran\u00e7aise et internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur contribution \u00e9galement tant id\u00e9ologique que politique &nbsp;se manifeste \u00e0 travers plusieurs journaux et \u00e9crits qui vont faire le lien entre les militants au Maroc et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, en particulier en France. C\u2019est&nbsp; le cas, entre autres,&nbsp; du mensuel en langue arabe \u00ab&nbsp; Option R\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb qui parut pendant pr\u00e8s de 10 ans, de 1975 \u00e0 1984<strong>[20]<\/strong>. Comme disait Abraham Serfaty \u00e0 propos de ce mensuel, &nbsp; \u00ab&nbsp;<em>en prison, nous avons re\u00e7u les premiers num\u00e9ros en 1979 et on a pu comprendre l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9mergence de ce mouvement qui (\u2026) a form\u00e9 des militants, ici,&nbsp; en Europe&nbsp;; c&rsquo;est un noyau formidable de cadres qui est un tr\u00e9sor pour tout le mouvement r\u00e9volutionnaire marocain et aussi un h\u00e9ritage id\u00e9ologique et politique important<\/em><strong>[21]<\/strong><em>\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, alors que l&rsquo;Association Marocaine des Droits de l\u2019Homme (AMDH) \u00e9tait interdite, des militants cr\u00e9ent en France l&rsquo;\u00ab&nbsp;Association de D\u00e9fense des Droits de l\u2019Homme au Maroc&nbsp;\u00bb (ASDHOM). \u00ab<em>&nbsp;Comblant le vide,&nbsp; <\/em>[cette association] <em>mobilisera surtout des militants au Maroc <\/em>(\u2026). <em>En 89\/90, plusieurs paquets du bulletin \u00b2 La lettre de l&rsquo;ASDHOM\u00b2 r\u00e9dig\u00e9 en France circulaient au Maroc. Nous avions pr\u00e8s de 1000 abonn\u00e9s et plusieurs dons de provenances diverses.<\/em>\u00bb<strong>[22]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019intronisation en 1999 de Mohamed VI cr\u00e9e chez certains militants un espoir de changement et d\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie de la population m\u00eame si&nbsp; la mobilisation contre la r\u00e9pression perdure en particulier en 2008, en soutien avec les victimes d\u2019IFNI<strong>[23]<\/strong>. Actions de d\u00e9veloppement et d\u2019\u00e9changes avec le Maroc s\u2019organisent comme les r\u00e9alise \u00ab\u00a0Immigration D\u00e9veloppement D\u00e9mocratie\u00a0\u00bb(IDD)<strong>[24]<\/strong>qui sensibilise aussi les opinions fran\u00e7aise comme marocaine <strong>s<\/strong>ur la situation des Marocains en France et celle des r\u00e9fugi\u00e9s sub-sahariens au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>LES LUTTES ACTUELLES &nbsp;ET L\u2019IMPLICATION DE MAROCAINS EN FRANCE<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:12px\"><strong>LE MOUVEMENT DU 20 FEVRIER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rents mouvements de contestation dans les mondes arabe et m\u00e9diterran\u00e9en ont chang\u00e9, malgr\u00e9 les interrogations actuelles sur leurs \u00e9volutions,&nbsp; le regard du monde occidental sur ces pays et leurs peuples. Ils ont remis en cause des r\u00e9gimes autoritaires et corrompus avec la complicit\u00e9 des pays occidentaux ayant pour cons\u00e9quence une fracture sociale de plus en plus profonde conduisant des femmes et des hommes \u00e0 s&rsquo;immoler par le feu ainsi que des pouvoirs qui utilisent violences physiques, verbales, intimidations et baltaguiyas<strong>[25]<\/strong> tout en soulevant la question de l\u00a0\u00bbimpact de l&rsquo;Islam comme religion d&rsquo;Etat avec ses traductions diff\u00e9renti\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rents combats men\u00e9s par leurs populations pour la reconnaissance de leur citoyennet\u00e9, leurs droits et leur dignit\u00e9 au-del\u00e0 des questions de pauvret\u00e9 ne datent pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Ils sont&nbsp; marqu\u00e9s&nbsp; en lettres de sang dans plusieurs de ces pays et en sacrifices ininterrompus depuis de longue date.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab <em>O\u00f9 sont les luttes pass\u00e9es&#8230;elles ne font que progresser. \u00bb<\/em> C&rsquo;est l\u2019un des&nbsp; slogans que le Mouvement du 20 f\u00e9vrier au Maroc entame \u00e0 chacune de ses manifestations hebdomadairement dans plusieurs villes et tous les mois au niveau national pour affirmer que <em>\u00ab ces revendications ne datent&nbsp; pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui mais depuis la r\u00e9sistance&nbsp;; c&rsquo;est une continuit\u00e9 avec des formes&nbsp; diff\u00e9rentes qui donnent leur&nbsp; sp\u00e9cificit\u00e9 \u00e0 chacun de ces mouvements \u00bb<strong>[26]<\/strong>. <\/em>La sp\u00e9cificit\u00e9 de ce Mouvement r\u00e9side dans sa g\u00e9n\u00e9ralisation \u2013 il a touch\u00e9 tout le Maroc et des petits villages si peu connus \u2013, sa dimension politique&nbsp; \u2013&nbsp; une revendication d\u2019un changement profond du syst\u00e8me en place, responsable de la mis\u00e8re&nbsp; \u2013, son endurance et&nbsp; sa forme pacifique. Cette attitude s\u2019explique par les promesses non tenues et un syst\u00e8me de d\u00e9pendance accrue<strong>,<\/strong> qui date de l\u2019ind\u00e9pendance et qui renforce une fracture sociale plus grande qu\u2019en Tunisie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp; L<em>es centres de pouvoir \u00e9conomique sont occup\u00e9s via le client\u00e9lisme et les moyens douteux. Les arrivistes et agents de pouvoir donnent libre court \u00e0 la mauvaise gestion. La route est barr\u00e9e \u00e0 des dizaines de milliers de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, priv\u00e9s de contribuer au d\u00e9veloppement de leur pays. La terrible rancoeur qui en r\u00e9sulte sur le plan personnel, rejaillissant sur le milieu familial et l&rsquo;environnement social, constitue autant d\u2019ingr\u00e9dients pour aggraver la situation.&nbsp;La crise politique nourrit la crise \u00e9conomique et vice-versa. Et le terrain devient apte, jour apr\u00e8s jour, \u00e0 la floraisonde maladies sociales et de ph\u00e9nom\u00e8nes de refus, d&rsquo;int\u00e9grismes et de rejets de toutes sortes.\u00bb[27]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les conditions subjectives comme objectives de cette implosion \u00e9taient l\u00e0. Elles se sont manifest\u00e9es par le pass\u00e9 et plus r\u00e9cemment en 2008 \u00e0 Sidi IFNI, au moment m\u00eame o\u00f9 se soulevait la population du&nbsp; bassin minier de REDEYEF en Tunisie. \u00ab&nbsp;<em>Le samedi 7 juin 2008, \u00e0 l\u2019aube, les citoyens de la ville de Sidi IFNI dans le sud marocain ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s par les descentes d\u00e9mesur\u00e9es des forces de police \u00e0 leur domicile. Ville encercl\u00e9e, familles de militants prises en otage, brutalit\u00e9 et menaces contre elles, (\u2026) d\u00e9ploiement d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res \u00e0 la recherche des militants dans les montagnes et dans la ville. (\u2026) Des dizaines de citoyens ont \u00e9t\u00e9 bastonn\u00e9s, des femmes molest\u00e9es, injuri\u00e9es \u2026une barbarie qui rappelle les ann\u00e9es de plomb<\/em>&nbsp;\u00bb.<strong>[28] <\/strong>Les promesses faites pour am\u00e9liorer le sort des habitants de cette ville&nbsp; ne seront&nbsp; jamais tenues.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces m\u00e9contentements culminent le 20 f\u00e9vrier 2011 dans tout le Maroc pour r\u00e9clamer de mani\u00e8re pacifique dignit\u00e9 et justice, et s\u2019insurger contre la corruption et le non droit.<\/p>\n\n\n\n<p>Des jeunes et moins jeunes, dans une union exemplaire, ont \u00e9branl\u00e9 les a priori. Comme l\u2019\u00e9crivent Allan Popelard et Paul Vannier,\u00ab&nbsp;<em>c&rsquo;est pourtant dans cette ville ali\u00e9n\u00e9e par la puissance expropriatrice des capitaux et des fantasmagories que les habitants ont tent\u00e9 de d\u00e9velopper un mouvement r\u00e9volutionnaire. En interrompant le cours ordinaire des existences, l&rsquo;irruption d\u00e9mocratique a laiss\u00e9 effleurer le peuple, l\u00e0 o\u00f9 le tourisme le maintenait identique \u00e0 sa repr\u00e9sentation dans le d\u00e9corum de ses espaces folkloris\u00e9s. A la faveur du mouvement du 20 f\u00e9vrier, la ville est apparue non plus comme une cit\u00e9 touristique, mais comme la base territoriale d&rsquo;une communaut\u00e9 politique&nbsp;<\/em>\u00bb.<em><strong>[<\/strong><\/em><strong>29<\/strong><em><strong>]<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce Mouvement a f\u00eat\u00e9 les 18-19 et 20 f\u00e9vrier 2012 son premier anniversaire en scandant \u00ab&nbsp;MAMFAKINCH&nbsp;\u00bb<strong>[30]<\/strong>. Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, il occupe certains quartiers dans les villes marocaines chaque semaine&nbsp;et reste vigilant m\u00eame s\u2019il est moins important. <em>\u00ab&nbsp; Le Mouvement perdure et a marqu\u00e9 sa place incontournable m\u00eame apr\u00e8s la nomination du premier ministre PJD<\/em><strong>[31]<\/strong><em>. Il y a encore des revendications \u00e0 atteindre et c\u2019est la raison pour laquelle on continue. Le mouvement de contestation a fait lib\u00e9rer les rues, a impos\u00e9 un agenda au Makhzen et a fait \u00e9merger la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un<\/em> <em>rassemblement autour d\u2019un programme unitaire avec &nbsp;les partis politiques. Les derniers \u00e9v\u00e8nements et la r\u00e9pression qui s\u2019en suivit montrent que la r\u00e9pression s\u2019acc\u00e9l\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/em><strong>[32]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bravant insultes, matraques et r\u00e9pression de plus en plus importante<strong>[33]<\/strong>, ces jeunes ont montr\u00e9 leur conviction et leur r\u00e9sistance dans un combat pacifique. Plusieurs femmes sont pr\u00e9sentes, voil\u00e9es ou non voil\u00e9es, en djelabbas ou en jeans<strong><em>, <\/em><\/strong>elles sont nombreuses \u00e0 prendre la parole : \u00ab<em> peu nous importe les discours sur la parit\u00e9 que l&rsquo;on instrumentalise pour orner une fa\u00e7ade \u00b2d\u00e9mocratique\u00b2, ce que nous voulons, c&rsquo;est la reconnaissance de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans les faits \u00e0 tous les niveaux&nbsp;<\/em>\u00bb.<strong>[34]<\/strong>Sara Soujar, matraqu\u00e9e et arr\u00eat\u00e9e, battue et insult\u00e9e, prend souvent la parole pour expliquer les raisons de ces mouvements&nbsp;: imposer la reconnaissance de la dignit\u00e9, du droit et de&nbsp; l\u2019\u00e9galit\u00e9. Lors de l\u2019entretien cit\u00e9 plus haut, \u00e0&nbsp; la question sur l\u2019implication des femmes, elle r\u00e9pond&nbsp;: <em>\u00ab Les femmes sont nombreuses dans ce Mouvement, toutes couches sociales confondues: ing\u00e9nieures, docteures, enseignantes, ouvri\u00e8res, paysannes, ch\u00f4meuses. (\u2026) Les revendications des femmes sont une revendication de toute personne. Lorsque l&rsquo;on dit&nbsp; pouvoir au peuple&nbsp;: le peuple est f\u00e9minin et masculin<\/em>.&nbsp; <em>Le combat pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits en g\u00e9n\u00e9ral ne peut pas laisser de c\u00f4t\u00e9 celui de l\u2019\u00e9galit\u00e9 Hommes\/Femmes au nom d\u2019une hi\u00e9rarchie dans les priorit\u00e9s.<\/em>\u00bb<strong>[35]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si, toutes cat\u00e9gories confondues, ces femmes et ces hommes continuent \u00e0 descendre dans la rue, c\u2019est qu\u2019apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es de servitude, de non droit et de m\u00e9pris, apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es de&nbsp; manifestations r\u00e9prim\u00e9es, les jeunes et moins jeunes n\u2019ont plus confiance. \u00ab&nbsp;<em>Vous ne nous tromperez plus&nbsp;\u00bb<\/em>scandent-ils \u00e0 chaque manifestation. C\u2019est la raison pour laquelle ils ont boycott\u00e9 le r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel du 1<sup>er<\/sup> juillet 2011 et les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 25 novembre 2011.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces manifestations et marches pacifiques ont favoris\u00e9 des d\u00e9bats publics sur la d\u00e9mocratie, la libert\u00e9 mais aussi sur des sujets qui \u00e9taient souvent tabous&nbsp;: l\u2019\u00e9galit\u00e9 hommes\/femmes et la libert\u00e9 de conscience comme partie int\u00e9grante de toute revendication de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ces questions, Sara Soujare, lors de l\u2019entretien cit\u00e9 plus haut affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La soci\u00e9t\u00e9 marocaine d\u00e9passe des tabous, par exemple au niveau vestimentaire. Il y a une \u00e9volution. Dans le quotidien, on d\u00e9bat sur la polygamie, l&rsquo;union libre&#8230; mais au Maroc les lois sont plus archa\u00efques que le v\u00e9cu et les \u00e9volutions. Dans les familles, il y a une acceptation de ces situations.&nbsp; Au sein du&nbsp; Mouvement du 20 f\u00e9vrier, en pr\u00e9sence d\u2019un parti islamiste, ces d\u00e9bats ont eu lieu&nbsp;: la place des femmes dans ce mouvement, la&nbsp; r\u00e9partition des t\u00e2ches domestiques, le travail des femmes, l\u2019\u00e9ducation et scolarisation des filles, la mixit\u00e9, etc.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:12px\"><strong>MOBILISATION DES MAROCAINS EN FRANCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 f\u00e9vrier 2011 marque un \u00e9lan d\u2019engagement \u00ab&nbsp;renouvel\u00e9&nbsp;\u00bb de marocains en France en lien avec la situation politique au Maroc. Malgr\u00e9 l\u2019omerta des m\u00e9dias sur ce mouvement, ils contribuent \u00e0 sensibiliser l\u2019opinion internationale: \u00ab <em>le 20 f\u00e9vrier, au Trocad\u00e9ro, \u00e0 Paris, pr\u00e8s de 100 personnes \u00e9taient rassembl\u00e9es&nbsp;<\/em>\u00bb<strong>[36].<\/strong> Solidaires ou parties prenantes, ils ont un r\u00f4le de relai malgr\u00e9 les difficult\u00e9s \u00e0 faire entendre leur voix. L\u2019initiative, au d\u00e9part exclusivement organis\u00e9e \u00e0 Paris par des organisations politiques et des associations marocaines, est rejointe par des jeunes non engag\u00e9s.<em>\u00ab&nbsp;Des jeunes les ont rejoints et ont donn\u00e9 une dynamique importante, prenant des initiatives. Les premiers initiateurs leur ont laiss\u00e9 la place pour donner \u00e0 d&rsquo;autres camarades la possibilit\u00e9 de s&rsquo;affirmer&nbsp;\u00bb (\u2026). Cette structure ouverte organisera diff\u00e9rentes&nbsp; manifestations&nbsp; parall\u00e8lement \u00e0 celles du Maroc. \u00bb<\/em><strong>[37]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs villes organisent aussi des comit\u00e9s de soutien ou des coordinations de Mouvement du 20 f\u00e9vrier&nbsp;: Montpellier, Marseille, Avignon, Nantes, Rennes, Lille, etc.Tractages dans les quartiers populaires, rassemblements devant l\u2019ambassade et les consulats du Maroc, conf\u00e9rences de presse, interviews, publications de communiqu\u00e9s et de bulletins d\u2019informations ont incontestablement mobilis\u00e9 des marocains en France. Ils ont initi\u00e9 des formes de contestation nouvelles&nbsp;conjuguant revendications et animations culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici aussi, les femmes sont nombreuses.&nbsp; <em>\u00ab&nbsp;La parit\u00e9<\/em> <em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e dans les diff\u00e9rentes prises de parole, les meetings, les rassemblements (\u2026) Le d\u00e9bat, quant \u00e0 lui, a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en fonction de l&rsquo;actualit\u00e9 suite \u00e0 des agressions au Maroc contre des femmes\u2026 Ce d\u00e9bat a d\u00e9but\u00e9 malgr\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019un courant islamiste qui ne l&rsquo;admettait pas. Certains parlent de priorit\u00e9 des luttes \u00e9conomiques(\u2026). Ce qui nous a emp\u00each\u00e9s d\u2019approfondir ce d\u00e9bat.&nbsp;\u00bb<\/em><strong>[38]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lors de notre entretien avec Mohamed Jaite, celui-ci affirmait que la plupart des jeunes engag\u00e9s dans cette coordination du 20 f\u00e9vrier en Ile de France&nbsp; \u00e9taient&nbsp; des \u00e9tudiants en France depuis 3&nbsp; mois \u00e0 3 ans et comptaient retourner au Maroc apr\u00e8s leurs \u00e9tudes.&nbsp;<em>\u00ab Certains n\u2019ont jamais milit\u00e9 au Maroc mais souhaitent un avenir plus juste et d\u00e9mocratique pour leur pays.&nbsp;\u00bb<\/em> Ces jeunes \u00e9tudiants dans le Mouvement ne se sont pas int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la&nbsp; situation des immigr\u00e9s. \u00ab&nbsp;<em>&nbsp;L&rsquo;argument qui prime n&rsquo;\u00e9tait pas explicitement leur rapport avec la France. Laplupart ne se retrouve pas dans ces probl\u00e9matiques en France(\u2026).&nbsp;On pense \u00e0 la contribution, \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution \u00e9conomique et sociale&nbsp; du&nbsp; Maroc&nbsp;\u00bb.&nbsp; <\/em>Quant aux<em>&nbsp; <\/em>jeunes n\u00e9s en France, \u00ab&nbsp; <em>ils ont souvent une image de leur pays \u00e0 travers la t\u00e9l\u00e9vision. Celle-ci montre cette exception marocaine, un Maroc d\u00e9mocratique, un Maroc touristique&#8230;Pour eux, le Maroc leur permet de passer des vacances aupr\u00e8s de leurs familles(\u2026) m\u00eame si des exceptions se joindront aux manifestations du Mouvement du 20 f\u00e9vrier pendant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 au Maroc. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ces difficult\u00e9s \u00e0 mobiliser les immigr\u00e9s marocains et leurs enfants n\u00e9s en France ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui m\u00eame si, comme nous l\u2019avions vu, la mobilisation de travailleurs immigr\u00e9s fut importante auparavant. Depuis les ann\u00e9es 90, elle diminue :&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;&nbsp;toute la politique d\u2019Hassan II en rapport avec l\u2019immigration \u00e9tait tr\u00e8s dure&nbsp;: quand les immigr\u00e9s passaient la douane, ils avaient tr\u00e8s peur. Depuis la fin des ann\u00e9es 90 les conditions de l\u2019immigration \u00e0 la fronti\u00e8re ont chang\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat des Marocains pour la politique a disparu en raison de ces changements qui facilitent leur retour au pays. Ceci explique le d\u00e9sengagement de plusieurs immigr\u00e9s et l\u2019affaiblissement des associations marocaines <\/em>\u00bb<strong>[39]<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet aper\u00e7u tr\u00e8s bref nous permet de d\u00e9gager certaines pistes de r\u00e9flexion sur&nbsp; les raisons qui rendent difficiles l&rsquo;engagement des immigr\u00e9s marocains et en particulier des deuxi\u00e8mes g\u00e9n\u00e9rations dans &nbsp;la sc\u00e8ne politique marocaine.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L&rsquo;implication des militants politiques et des exil\u00e9s s&rsquo;explique par des convictions et des engagements qu\u2019un certain nombre d\u2019entre eux avaient dans leur pays et par leur engagement dans les organisations syndicales et politiques. Ils ont mobilis\u00e9 l&rsquo;opinion fran\u00e7aise et internationale<strong>, <\/strong>et contribu\u00e9 aux diff\u00e9rentes r\u00e9flexions id\u00e9ologiques et politiques.<\/li>\n\n\n\n<li>Les divergences politiques avec leur lot de sectarisme ont engendr\u00e9 un travail en vase clos avec une multitude de d\u00e9bats sur les divergences<strong>,<\/strong> ce qui&nbsp; rendra difficile&nbsp; une dynamique hors structures politiques ou associatives et la mobilisation des immigr\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral.<\/li>\n\n\n\n<li>Le rapport des immigr\u00e9s marocains \u00e0 leur pays d&rsquo;origine a \u00e9t\u00e9 souvent entach\u00e9 d&rsquo;affectif, de d\u00e9passement de la rupture et du deuil des relations familiales qu\u2019ils entretenaient dans&nbsp; leur pays. C\u2019est ce qui les a souvent conduits \u00e0 valoriser leur pays sans tenir compte du syst\u00e8me qui domine. Plusieurs d&rsquo;entre eux ont une attitude de d\u00e9fense et de protection du syst\u00e8me plus qu&rsquo;une attitude de remise en cause.<\/li>\n\n\n\n<li>Les diff\u00e9rents dispositifs fran\u00e7ais en mati\u00e8re d&rsquo;immigration, les d\u00e9nigrements syst\u00e9matiques, la politique d&rsquo;assimilation niant le respect de l&rsquo;autre et de sa culture<strong>&nbsp;: <\/strong>autant d&rsquo;attitudes qui am\u00e8nent des jeunes \u00e0 vouloir imposer la culture voire le culte du pays d\u2019origine de leurs parents. Certains vont alors&nbsp; instrumentaliser l&rsquo;Islam et&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>trouveront une \u00e9coute attentive mobilisant autour d&rsquo;eux des jeunes souvent en interrogation identitaire qui seront convaincus que leur voie est celle d&rsquo;un Islam de leur pays bien plus qu\u2019un combat pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits ou les changements structurels au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le lien entre immigration marocaine et situation politique au Maroc a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 lors de l\u2019entretien pr\u00e9cit\u00e9 avec Mounaim Ouhti \u00e0 travers l\u2019exemple des Harragas<strong>[40]<\/strong>:<em>\u00ab&nbsp;&nbsp;Au Nord, dans les villes de Tanger, ElHoceima, Bouayache, la coordination du Mouvement du 20 f\u00e9vrier \u00e9tait tr\u00e8s importante gr\u00e2ce \u00e0 des jeunes qui voulaient auparavant&nbsp; passer \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en raison des difficult\u00e9s de travail et de vie et qui&nbsp; ont rejoint le mouvement. Ils disent que&nbsp; les changements peuvent \u00eatre faits \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays. Ce constat a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 dans divers rapports des coordinations du Mouvement du 20 f\u00e9vrier <\/em>\u00bb<strong>[41]<\/strong>.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ind\u00e9pendance formelle du Maroc en favorisant les d\u00e9pendances \u00e9conomique et culturelle n&rsquo;a pas permis d&rsquo;imposer la&nbsp; r\u00e9ciprocit\u00e9 n\u00e9cessaire pour le d\u00e9veloppement du Maroc permettant \u00e0 la population de rester dans son pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Par leur refus de \u00ab&nbsp;br\u00fbler&nbsp;\u00bb la fronti\u00e8re et leur volont\u00e9 de rejoindre de mani\u00e8re active le Mouvement du 20 f\u00e9vrier, ces jeunes soul\u00e8vent ainsi la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une restructuration des rapports Nord-Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Celle-ci ne pourra se faire sans la d\u00e9construction, tant d\u2019une culture \u00ab&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb \u2013 comme le montrent les jugements de valeur sur les civilisations, les discriminations, les r\u00e9actions racistes envers les immigr\u00e9s et leurs enfants&nbsp; \u2013 que d\u2019une culture de domination Sud-Sud \u00ad \u2013&nbsp; comme le montrent ces r\u00e9actions de m\u00e9pris \u00e0 l\u2019\u00e9gard des populations&nbsp; sub-sahariennes au Maroc&nbsp; \u2013.<\/p>\n\n\n\n<p>De telles&nbsp;attitudes ne permettent pas&nbsp; ce \u00ab&nbsp; vivre ensemble&nbsp;\u00bb, qui se&nbsp; trouve contrari\u00e9 par les effets de la domination historique, sociale et \u00e9conomique. Elles expliquent les mouvements de contestations d\u00e9but\u00e9s le 18 d\u00e9cembre 2010,&nbsp; date \u00e0 laquelle la Tunisie a soulev\u00e9 cette \u00ab&nbsp;flamme olympique&nbsp;\u00bb d\u2019un combat contre toutes les formes de m\u00e9pris et d\u2019impunit\u00e9, et pour la reconnaissance des principes d\u2019ind\u00e9pendance v\u00e9ritable, de citoyennet\u00e9, de droits, d\u2019\u00e9galit\u00e9&nbsp; et de libert\u00e9 : tout autant de r\u00e9f\u00e9rentiels n\u00e9cessaires \u00e0 une d\u00e9mocratie v\u00e9ritable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:12px\">Hayat Berrada Bousta<br>Mai 2012<br><br>Intervenante sur les questions de discriminations<br> et de<strong> <\/strong>communication interculturelle.<br>Exil\u00e9e politique marocaine de mars 1973 \u00e0 Octobre 1994.<br>Membre du Forum Marocain V\u00e9rit\u00e9 et Justice -France-<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>[1]&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>L&rsquo;une des grandes figures du Mouvement National tunisien. il fut assassin\u00e9 en 1952 par une frange arm\u00e9e favorable \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise. Sa mort va soulever les mouvements de r\u00e9sistance dans tout le Maghreb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>[2]&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Mohamed V, p\u00e8re d\u2019Hassan II \u00e9tait sultan du Maroc de 1927 \u00e0 1953, date \u00e0 laquelle il sera exil\u00e9 par la France \u00e0 Madagascar.&nbsp; Apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance&nbsp; en 1956 il sera&nbsp; roi du Maroc jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en f\u00e9vrier 1961.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>Au sujet des rois du Maroc, V. DALLE Ignace: \u00ab\u00a0<\/em>Les 3 rois. La monarchie marocain de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 nos jours\u00a0\u00bb<em>&#8211; \u00e9d. Fayard, septembre 2004, 840p.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>[3]&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>&nbsp; <em>Suite \u00e0 l&rsquo;assassinat de Farhat Hachad, des \u00e9meutes dans les carri\u00e8res centrales de Casablanca seront violemment r\u00e9prim\u00e9es par la France.&nbsp; V. BUTTIN Paul, Le drame du Maroc, \u00e9d. du Cerf, 1955, 240p.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[4]&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong><em>Moulay Abdeslam Jebli, originaire de Marrakech est&nbsp; consid\u00e9r\u00e9 comme un strat\u00e8ge pendant la colonisation. Il joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans les r\u00e9seaux de r\u00e9sistance du Sud.&nbsp; A l\u2019ind\u00e9pendance, en exil \u00e0 Paris, il continue sans rel\u00e2che son combat pour la d\u00e9mocratie.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[5]&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti de l\u2019Ind\u00e9pendance constitu\u00e9 clandestinement le 18 d\u00e9cembre 1943. Il diffuse le Manifeste de l&rsquo;Ind\u00e9pendance le 11 janvier 1944.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[6]&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong><em>Leader de gauche marocaine et de la lutte anti imp\u00e9rialiste, il fut enlev\u00e9 le 29 Octobre 1965 en plein c\u0153ur de Paris. Jusqu\u2019\u00e0 ce jour, tous les 29 octobre, r\u00e9pondant \u00e0 l\u2019appel de sa famille et de l\u2019Institut Ben Barka- M\u00e9moire Vivante, un rassemblement de marocains et amis du Maroc se tient en face de la Brasserie LIPP \u00e0 Paris.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[7]&nbsp; <strong><em>\u00ab&nbsp;Jossour&nbsp;\u00bb hors s\u00e9rie du bulletin de l\u2019AMF en hommage \u00e0 Za\u00efd Za\u00efdi, mars 2009, p 4.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[8]&nbsp; L\u2019un des premiers&nbsp; pr\u00e9sidents de l\u2019AMF en exil. Il est menac\u00e9 d\u2019expulsion en 1972. La mobilisation des&nbsp; Marocains et &nbsp;&nbsp;Fran\u00e7ais&nbsp; a emp\u00each\u00e9 cette expulsion. Il continue toujours son combat pour la d\u00e9mocratie au Maroc.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[9] V. Maurice Buttin, <\/em>Hassan II -De Gaulle- Ben Barka. Ce que je sais, \u00e9d. Karthala, octobre 2010, 494p.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[10] Sociologue sp\u00e9cialiste des questions migratoires et des associations portugaises de France.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[11]<strong><em> &nbsp;Source&nbsp;: <a href=\"http:\/\/rebellyon.info\/Penarroya-les-travailleurs.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/rebellyon.info\/Penarroya-les-travailleurs.html<\/a><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[12]&nbsp; <strong><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Paris en mars 2012 avec Karim Messaoudi, ancien pr\u00e9sident de l\u2019AMF.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[13]&nbsp; Apr\u00e8s les deux coups d\u2019Etat (1971 et 1972),&nbsp; les \u00e9v\u00e8nements de l\u2019Atlas en 1973 se soldent par la mort de plusieurs militants, des arrestations et des condamnations \u00e0 mort ex\u00e9cut\u00e9es. V. BENNOUNA Mehdi, \u00ab Des h\u00e9ros sans gloire&nbsp;\u00bb, Tarik, juin 2002, 374p. Mehdi est le fils de Mohamed Bennouna, grande figure de la gauche, mort sous les balles de la police marocaine le 3 mars 1973.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[14] Suite au soul\u00e8vement \u00e0 Casablanca le 23 mars 1965, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9 dans le sang,&nbsp; des militants de l\u2019UNFP font scission et cr\u00e9ent&nbsp; le&nbsp; \u00ab&nbsp;Mouvement 23 Mars&nbsp;\u00bb, qui deviendra en 1983 l\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;Organisation de l\u2019Action D\u00e9mocratique Populaire&nbsp;\u00bb (OADP) fond\u00e9e par l\u2019ancien r\u00e9sistant et homme politique de gauche, Ben Said Ait Idder.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><em><strong>[15] Interdit en 1959, il devient en 1969 Parti du Progr\u00e8s et du Socialisme<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[16] Scission estudiantine et radicale de l&rsquo;ex-Parti communiste marocain,&nbsp; cr\u00e9\u00e9e le 30 ao\u00fbt 1970.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[17] Entretien avec Karim Messaoudi, V. note infrapaginale n\u00b022.&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>Au sujet de ces \u00e9v\u00e9nements&nbsp;: suite \u00e0 l\u2019appel \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale qui ont d\u00e9but\u00e9 le 18 mai 1981 au Nord du Maroc, les protestations&nbsp; contre la chert\u00e9 de la vie s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent du 18 au 20 juin et se sont transform\u00e9es le 21 juin en \u00e9meutes particuli\u00e8rement dans les quartiers populaires de Casablanca. L\u2019arm\u00e9e investit la ville (utilisation de chars, d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res), tire&nbsp; sur les manifestants \u00e0 balles r\u00e9elles (on a d\u00e9nombr\u00e9 entre 300 et 600 morts jet\u00e9s dans des fosses communes). Des militants ont \u00e9t\u00e9&nbsp; tortur\u00e9s. L\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[18] Gilles PERRAULT , <\/em>\u00ab\u00a0Notre ami le roi\u00a0\u00bb<em>, \u00e9d,&nbsp; coll. Folio, avril 1992, 378p.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[19]&nbsp; Responsable politique d\u2019Ilal Amam, il fut incarc\u00e9r\u00e9 en 1974 et&nbsp; condamn\u00e9 en 1977 \u00e0 la r\u00e9clusion perp\u00e9tuelle. Il est lib\u00e9r\u00e9 en 1991. A sa sortie de prison, il est\u00ab&nbsp;&nbsp;banni&nbsp;\u00bb par Hassan II et contraint de s\u2019exiler en&nbsp; la France. Apr\u00e8s la mort d\u2019Hassan II,&nbsp; il&nbsp; retourne au Maroc en 1999, o\u00f9 il d\u00e9c\u00e9de le 18 novembre 2010.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[20] V. <a href=\"https:\/\/www.maroc-realites.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Maroc R\u00e9alit\u00e9s<\/a>: site\u00a0 regroupant des archives de marocains en exil\u00a0(bulletins, journaux en fran\u00e7ais et en arabe).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[21]<a href=\"https:\/\/www.maroc-realites.com\/document\/1642\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> Hommage <\/a>rendu le 29 octobre 1998 \u00e0 Abdelghani Bousta qui\u00a0 fut l\u2019un des fondateurs d\u2019Option R\u00e9volutionnaire et responsable de ce Mouvement. Il\u00a0 fut par la suite le repr\u00e9sentant du Parti d\u2019Avant-garde D\u00e9mocratique Socialiste (PADS).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[22]&nbsp; <strong><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Paris le 21 mars 2012 avec Larbi Maaninou, ancien pr\u00e9sident de l&rsquo;ASDHOM<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[23]&nbsp; V. note infrapaginale n\u00b011<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[24]&nbsp; <strong><em>Cr\u00e9\u00e9e en 1999, IDD est&nbsp; un r\u00e9seau d&rsquo;associations issues de l&rsquo;immigration marocaine qui coordonnent leurs actions en vue de dynamiser le d\u00e9veloppement solidaire avec le Sud de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[25]&nbsp; <strong><em>Hommes de main \u00e0 la solde du r\u00e9gime pour r\u00e9primer la contestation. Terme que les \u00e9v\u00e8nements de la Place Tahrir au Caire ont rendu c\u00e9l\u00e8bre<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[26]&nbsp; Entretien \u00e0 Casablanca le 22 f\u00e9vrier 2012 avec&nbsp; Sara Soujar, militante de la jeunesse du Parti d\u2019Avant-garde D\u00e9mocratique et Socialiste (<a href=\"https:\/\/www.maroc-realites.com\/fr\/archive\/mouvement-ittihadi1\/pads\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">PADS<\/a>) et activiste dans&nbsp; le Mouvement du 20 f\u00e9vrier.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[27] <strong><em>Abdelghani Bousta<\/em><\/strong>: <strong>\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/www.maroc-realites.com\/document\/193\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Int\u00e9grisme ou d\u00e9mocratie au Maroc<\/a>?\u00a0\u00bb<\/strong>&#8211; <strong><em>Revue H\u00e9rodote N\u00b0 77- 2\u00e8me trimestre 1995.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>&nbsp;<\/strong>[28] <strong><em>\u00ab&nbsp;Lettre du Forum&nbsp;\u00bb, Bulletin du Forum Marocain &nbsp;Marocain V\u00e9rit\u00e9 et Justice- France, n\u00b04, juin 2008. P&nbsp;1<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>Cette structure en France depuis 2001 regroupe toutes les victimes de la r\u00e9pression des \u00ab&nbsp;ann\u00e9es de plomb&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">[29]&nbsp; <strong><em>Allan POPELARD ;  Paul VANNIER , <\/em>\u00a0\u00bb Les deux Marrakechs\u00a0\u00bb<em>,&nbsp; Le Monde diplomatique, ao\u00fbt 2011.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[30]&nbsp; \u00ab&nbsp;On ne l\u00e2che rien&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[31]&nbsp; Parti de la Justice et du D\u00e9veloppement, de r\u00e9f\u00e9rentiel islamique.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[32]&nbsp; Entretien r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Casablanca le 22 f\u00e9vrier 2012 avec Mounaim Ouhti, activiste du Mouvement du 20 f\u00e9vrier et membre du bureau politique du PADS.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[33]&nbsp; Des d\u00e9tenus font toujours la gr\u00e8ve de la faim, les d\u00e9tentions sont arbitraires et visent les jeunes les plus actifs, les intimidations et insultes plus fr\u00e9quentes en particulier contre les jeunes femmes, les mena\u00e7ant de viols.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong>Au sujet de la r\u00e9pression au 1<sup>er<\/sup> mai, voir : <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_vJ9ZTyjDGY&amp;feature=youtu.be\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_vJ9ZTyjDGY&amp;feature=youtu.be<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[34]&nbsp; Intervention d\u2019une jeune activiste&nbsp; recueillie \u00e0 l\u2019anniversaire du Mouvement \u00e0 Casablanca&nbsp; le 19 f\u00e9vrier 2012.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[35]&nbsp; Entretien&nbsp; avec&nbsp; Sara Soujar, v. note infrapaginale n\u00b02.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[36]&nbsp; Entretien r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Paris le 20&nbsp; mars 2012&nbsp; avec Mohamed Jaite, premier coordinateur du Mouvement du 20 f\u00e9vrier en Ile de France et responsable \u00e0 l\u2019Association Marocaine des Droits de l\u2019Homme \u2013 France (AMDH).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[37]&nbsp; V. note infrapaginale n\u00b036<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[38]&nbsp; Entretien r\u00e9alis\u00e9 avec Mohamed Jaite, note infrapaginale n\u00b036.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><em><strong>[39]&nbsp; Entretien r\u00e9alis\u00e9 avec Karim Messaoudi, note infrapaginale n\u00b022.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[40] Traduction&nbsp;: \u00ab&nbsp; br\u00fbleurs&nbsp;\u00bb (des jeunes qui traversent clandestinement la fronti\u00e8re pour rejoindre l\u2019Espagne et la France).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\"><strong><em>[41] V. note infrapagaginale n\u00b06.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite aux diff\u00e9rents soul\u00e8vements dans le Monde arabe et M\u00e9diterran\u00e9en, la revue Migrations soci\u00e9t\u00e9 avait publi\u00e9 dans son num\u00e9ro 143- Septembre-Octobre 2012, un dossier sous le titre \u00ab\u00a0Du Maroc \u00e0 Bahre\u00efn, des migrations en zones de turbulences\u00ab\u00a0. Ce dossier avait \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9 par Fran\u00e7ois Brun et Marguerite Rollinde qui \u00e9crivaient en introduction: \u00a0\u00bb en faisant &#8230; <a title=\"Soul\u00e8vements au Maroc et engagement des marocains en France &#8211; 2012\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/2023\/06\/12\/soulevements-au-maroc-et-engagement-des-marocains-en-france\/\" aria-label=\"En savoir plus sur Soul\u00e8vements au Maroc et engagement des marocains en France &#8211; 2012\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,8],"tags":[],"class_list":["post-1321","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-mouvements-sociaux-et-repression","category-mouvement-du-20-fevrier","category-immigration"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1321","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1321"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1321\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3515,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1321\/revisions\/3515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.que-dire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}