Nous sommes tous des Palestiniens – 2014

Ce 19 juillet 2014 en France, à Barbés, on a répondu par des bombes lacrymogènes à ceux qui voulaient se rassembler pour la paix et contre la colonisation israélienne.

En 2009, Jean-Moïse Braitberg envoyait une lettre au Président israélien afin d’effacer le nom de son grand père, gazé à Treblinka en 1943, de Yad Vashem, le Mémorial dédié aux victimes juives du nazisme. Il écrivait:

« Je vous demande d’accéder à ma demande, Monsieur le Président, parce que ce qui s’est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l’humanité tout entière.  Il fallait, m’a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent;(…) Or, Monsieur le Président, j’observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l’évidence criante de l’injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmés par l’Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l’enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations. »

Cette lettre replace la politique des dirigeants israéliens dans ce que l’humanité a connu de plus révoltant.

En 2012, Gaza connaissait encore une situation intolérable, dramatique et inhumaine d’autant que chaque crime perpétré à l’encontre des Palestiniens l’était au su et à la vue de chacun. Et aujourd’hui, en 2014, « le plus jamais ça» a été enterré encore une fois avec la complicité des Américains et des Français en particulier.

Les responsables politiques français se réfugient derrière l’interdiction de cette manifestation. Quelle hypocrisie! L’interdiction était elle-même injuste et injustifiée. De quelle justice parle-t-on quand on interdit une manifestation pour la paix? Des débordements ont souvent été signalés dans les manifestations syndicales ou dans les «Manif’s pour tous» : ont-elles pour autant été interdites?

Au dire du Chef de l’Etat français, le conflit israélo-palestinien ne doit pas être exporté en France. Non seulement cette position est en contradiction avec l’universalité des droits humains qui impose à tout démocrate de se solidariser avec les victimes si nombreuses parmi les civiles quel que soit le pays, mais Messieurs les gouvernants, c’est vous qui avez exporté le lobby sioniste en France ! C’est vous, en interdisant une manifestation pour la paix, qui avez développé l’insécurité. C’est vous qui préférez garder le silence quand ce n’est pas encourager le Premier ministre israélien alors qu’il y a eu et continue à y avoir  plus d’une centaine de morts  civiles  sous les frappes d’Israël. Vous êtes responsables de cette situation quand vous ne la provoquez pas vous-mêmes.

Alors, Messieurs de la gouvernance, ne faites plus l’affront au peuple de France en réitérant ces «explications». On avait bien vu que la République commençait à sombrer au vu des résultats des élections municipales et européennes qui ont vu l’extrême droite rafler bien des sièges, mais, pour parodier ce refrain des chants de la commune « Tout ça n’empêche pas, Nicolas, que la commune n’est pas morte», on peut dire ce 19 juillet 2014, à Paris « Toutes vos explications n’empêchent pas, François, que votre République est bien morte, tué par vos soins.» « 

Hayat Berrada – Bousta,
19 juillet 2014