C’est sous ce titre que le Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche Orient (CVPRPO) vient de publier les actes du colloque qu’il avait organisé le 11 avril 2015 au Sénat sur l’économie de la Palestine.
Plusieurs personnalités, des économistes israéliens, palestiniens, français présents avaient retracé le processus qui a conduit à la situation d’asphyxie actuelle en Palestine et ses retombées au niveau social et psychologique sur les populations palestiniennes. Ils avaient aussi mis l’accent sur la résistance palestinienne pour faire face à cet encerclement répressif.
Le docteur Margalit Meir, membre du parti de gauche Meretz, et qui était jusqu’en 2013 membre du conseil municipal de Jérusalem affirmait: « les palestiniens représentent un défi pour la souveraineté et l’hégémonie israélienne à Jérusalem.»
Selon lui, en 2020, les palestiniens formeront une majorité de la population de Jérusalem Est avec la probabilité d’avoir un palestinien à la tête de la mairie : « C’est un défi insupportable pour le gouvernement israélien ». Pour y faire face, il s’agira soit de pousser les palestiniens à quitter la ville « en leur rendant la vie impossible » soit de « les ignorer comme s’ils n’existaient pas sur le terrain ». Chargé de la gestion des affaires de Jérusalem Est, il s’est attaché à « décrypter » divers signaux rencontrés dans la ville et qui signifient « vous les Palestiniens, on ne veut pas de vous en ville, partez, disparaissez ».
Parallèlement, pour le Docteur Margalit, la jeunesse israélienne veut la paix et s’indigne de sa situation sociale (problèmes de logement, de travail…). Elle est aussi indignée par cette politique d’exclusion. Elle a refusé les logements qu’on a voulu lui attribuer à Jérusalem : « Nous voulons des logements en Israël, pas dans les territoires occupés ». En 2014 « 25% des jeunes garçons ont refusé de faire leur service militaire dans l’armée israélienne».
Ce colloque qui a rassemblé plusieurs personnalités de divers pays nous confirme, encore une fois, que la lutte citoyenne pour l’application du droit international est nécessaire et doit se renforcer sur tous les terrains politiques et économiques. Les conditions tant objectives que subjectives devraient réaliser la paix dans cette région et la reconnaissance du droit aux palestiniens à un Etat viable.
Le 31 janvier 2013, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a rendu public le document commandé par la Suisse sur les colonies israéliennes en Palestine : « Les colonies de peuplement sont maintenues et développées à travers un système de ségrégation totale entre les colons israéliens et la population habitant dans les territoires occupés. Ce système de ségrégation est soutenu et facilité par un contrôle militaire et de maintien de sécurité stricts au détriment des droits du peuple palestinien. » Les rédacteurs de ce rapport affirment qu’Israël viole la 4e Convention de Genève, relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, en vigueur depuis 1949, par la destruction de maisons, les arrestations et poursuites d’enfants et leur transferts hors des territoires palestiniens.
Depuis des années les condamnations à l’encontre d’Israël ont déjà été reconnues par la communauté internationale sans effet jusqu’à présent. La nouveauté dans ce rapport réside en ce qu’il souligne la compétence de la Cour pénale internationale quand sont constatées des violations de « certaines obligations selon les lois humanitaires internationales».
Quelle volonté politique pour une coalition internationale en vue de l’application des résolutions de l’ONU à l’encontre de la politique coloniale israélienne ?
Hayat Berrada Bousta
23 novembre 2015